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Bio Perso

Je suis née à Nice, Alpes Maritimes, France, à la clinique du Tsarévitch, un 29 septembre à 22 heures, sous le signe de la Balance, ascendant Gémeaux, en astrologie chinoise, cochon ou porc sauvage ou cochon des bois c’est plus joli, non !
Mes parents m’ont fait baptiser Marie-Hélène Demongeot. Nous vivions en famille dans la maison de ma grand mère, Clotilde Demongeot née comtesse de Clavesana (voir galerie photos) que tout le monde appelait Nonna. Il y a un village en Italie qui porte ce nom. Je me promets toujours d’aller le visiter. Il possède une coopérative qui produit du vin de muscat. Le Curé de Clavesana possède, d’après ma cousine germaine nombreux documents relatant l’histoire de cette branche familiale.
Je suis de nationalité française, bien que moitié ukrainienne par ma mère, qui elle est née à Kharkov (lire « Les lilas de Kharkov ») puis un quart de sang italien, un quart français par mon père, niçois d’origine italienne par sa mère et de la région de Langres par son père. Mon père et ma mère de l’avis de tous étaient très beaux.

De ma petite enfance, heureuse je suppose, je me souviens vaguement. J’étais en gros bébé joufflu, ma Nonna m’aimait. Moi, je l’adorais. L’appartement du rez de chaussée gauche de la rue Frédéric Passy où nous vivions tous avait un beau jardin rempli de fleurs, surtout des Belles de nuit et des Belles de jour, qui me paraissait immense. J’avais une nounou, Maloulou et une soeur de lait, Jeanine. Papa n’était pas souvent là. Il cherchait du travail à Paris m’a-t-on dit beaucoup plus tard.

BioPerso_voitureJ’aime cette photo à gauche. Je me souviens de ma colère quand ma belle voiture à pédales a heurté un caillou. Impossible d’avancer . Et moi je pleure de rage …
Jusqu’à quatre ans j’étais, d’après tout le monde, une jolie petite fille puis je me suis mise à loucher de l’oeil gauche comme mon demi-frère Lochka. Consternation dans l’entourage. Moi, ça m’a laissé plutôt indifférente jusqu’à ce que je commence à aller à l’école maternelle. Ma petite enfance cernée par la moquerie des autres aura été très pénible. Un cauchemar. Et puis j’ai porté des lunettes.

Arrive la guerre 39/45. Nous sommes retournés vivre à Paris. Papa avait trouvé du travail à l’Institut Français du Caoutchouc. J’avais peur des soldats allemands que je voyais défiler au pas de l’oie bien cadencé dans l’avenue Paul-Doumer, des bombardements la nuit. Les vitres de notre appartement de la rue Guichard, au troisième étage, étaient peintes en bleu opaque.

Durant les alertes annoncées par une sirène mugissante, il fallait descendre à la 2 cave. C‘était les ordres. Très vite nous avons renoncé. Fastidieux. Maman adorait ses bridges et pour rien au monde n’aurait renoncé à ses parties acharnées. Mes parents me laissaient trop souvent, à mon avis, seule le soir avec le téléphone sur une table dans le couloir « Surtout tu nous appelles, chérie, si tu as peur ! »… un baiser et hop, ils étaient partis.

J’étais effrayée et tétanisée lorsque retentissait le hurlement sinistre de l’affreuse sirène . Ca, je m’en souviens comme si c’était hier. Mais je n’avais pas le courage de traverser le long couloir tout noir et de soulever le téléphone. Je préférais me réfugier ma tête sous l’édredon jaune de mon lit et je ne bougeais plus. Il me semble que mon frère était resté avec Nonna à Nice. Je n’ai aucun souvenir précis de lui à cette époque. Nous avons eu froid et faim. Très faim. Je faisais d’interminables queues dans les magasins à la place de maman qui détestait ça, pour un pain de maïs, pour une banane… j’avais quatre ans, puis cinq… (lire « Tiroirs Secrets).

En 1944, apprenant que Nonna se meurt à Nice, nous entreprenons un éprouvant et pénible voyage en train. Je me souviens de la gare de Lyon noire de monde. Des gens partout, l’air affolé, qui se bousculaient dans tous les sens. Dans le train bondé qui nous emportait vers Nice, on pouvait à peine bouger. Maman a réussi à trouver une place assise et moi, j’étais sur ses genoux. (Je conseille de revoir le magnifique film de Clouzot « Manon » qui a si bien raconté cette période difficile). Le voyage a duré trois jours, notre train a été bombardé plusieurs fois, s’est arrêté souvent en rase campagne, des avions nous survolaient en piqué, heureusement, nous n’avons pas été touchés mais tout le monde avait très peur. Le son des bombardements proches nous faisait sursauter. On pouvait deviner des incendies ça et là. Le ciel était strié de rouge dans la nuit.

Arrivés à Nice, je reverrai furtivement ma Nonna, morte, dans sa chambre, sur son lit. Ce n’est pas un spectacle pour les petites filles, n’est-ce pas… Elle est enterrée comme bon nombre de personnes de ma famille paternelle au cimetière du Château, un des plus beaux endroits de Nice.

Plus question de retourner à Paris. Impossible de se déplacer pour le moment. La Libération arrive et mon père, grâce à Philippe Lamour, trouve un poste auprès du Commissaire de la République, à Montpellier. Nous voilà partis encore une fois en train, traversant des gares en ruines et des paysages ravagés. Partout, la désolation et des gens errants, pâles et angoissés. Je ne comprenais pas tout mais je sentais leur peur.

A Montpellier, les nouveaux dirigeants ont réquisitionné pour mon père un bel appartement, 1 place de la Comédie. Dans le salon, il y a un grand piano à queue que je découvre et je me mets avec deux doigts à retrouver tous les airs entendus à la radio que je connais par coeur et très vite je me débrouille. Mon père est stupéfait de ce don qui lui fait plaisir et décide, à ma grande joie, de me faire donner des leçons de musique.

Puis, les malheurs de la guerre commencent à s’atténuer et que la vie reprend cahin-caha ses droits, mes parents entament une vie mondaine et grâce à leurs obligations mondaines et fréquentes invitations, je suis libre comme l’air. Les soldats américains me donnent du chocolat vitaminé … je me souviens encore de son goût !

Monsieur le préfet, nouvellement nommé, offre à Papa la possibilité de profiter de sa loge à l’Opéra Comique. J’en profite et j’y vais autant que possible, parfois avec mon père qui adore l’Opéra contrairement à ma mère qui s’y ennuie énormément. Moi, j’adore autant que lui. Je crois que j’ai presque tout vu et pas qu’une fois !!! Manon, Carmen, Rigoletto, La vie de Bohème, Faust, la Traviata et j’en oublie la moitié… Maintenant je découvre le cinéma. Les salles obscures… Jusqu’à présent, je n’ai vu que « Blanche-Neige » à Paris, en 1940 probablement … je me souviens avoir été terrifiée par la cruelle reine. Alors c’est une révélation, un enchantement, une magie… Un monde inconnu s’ouvre à moi, tout ce que je vois, j’y crois dur comme fer Je découvre une vie palpitante et, bien sûr, j’imagine que « quand je serai grande c’est ce que je vivrai moi aussi » à condition que je sois un peu moins affreuse (j’ai lu quasiment les mêmes propos dans une interview de Romy Schneider). En douce, j’y vais autant que je peux, parfois en resquillant quand je n’ai pas d’argent et pour en avoir, je vole dans le porte-monnaie de maman ou bien je supplie mon père qui se laisse faire. Parfois j’arrive à voir deux films le mercredi, deux le samedi et encore le dimanche après-midi… et puis, à cette époque, on peut entrer quand on veut, même si le film est déjà commencé et rester à plusieurs séances. J’ai tant d’idoles, Gary Cooper, Rita Hayworth, Clark Gable, Vivien Leigh, Laurence Olivier, Tyrone Power, Robert Taylor, Errol Flynn, Ava Gardner, Loretta Young, Ann Blith et sa drôle de bouche, Fred Astaire et Ginger Rogers (j’adorais tout particulièrement leurs films et en sortant de la salle, je voulais devenir danseuse !!!). Et Charlie Chaplin, Laurel et Hardy, Viviane Romance, Michèle Morgan, Micheline Presles et celle à qui j’aurais tant aimé ressembler : Deanna Durbin. Las ! j’en étais loin ! On peut dire sans mentir que j’étais une petite fille au physique ingrat.

J’ai retrouvé par miracle (je croyais avoir tout détruit) quelques photos de ces années-là y compris celle de ma première communion solennelle.

Mes parents inquiets de ma précocité m’ont mise pensionnaire au couvent de la Merci. Pendant cette période qui a duré seulement quelques mois, Dieu soit loué, j’ai voulu durant la retraite obligatoire avant la première communion devenir une sainte ! (J’avais vu Jennifer Jones dans « la chanson de Bernadette). Ca n’a pas duré. Je préférais la vie rêvée du cinéma mais j’en profitais pour sécher tous les cours de gym et pendant les heures d’étude je faisais du piano. J’ai tellement raconté aux autres méchantes élèves pensionnaires les histoires des films que je connaissais par coeur que je me suis faite mettre à la porte de l’honorable institution. « Mauvaise influence » disait à mes parents ennuyés la Directrice consternée !!! Je suis retournée à la maison, soulagée, très contente et de nouveau, libre. Un seul bémol, les actualités de l’époque… J’ai vu l’ouverture des camps, les charniers, les tombereaux de morts qu’on déversait dans des fosses béantes. Ça, ça vous marque à vie. Je ne pouvais en parler à personne, mais ces images terribles m’ont poursuivie pendant des années. J’ai donc continué mes études médiocres au Lycée, cette fois. Ce n’était pas que j’étais sotte, mais je ne vivais que pour la musique, mon piano et le cinéma. J’étais bonne en latin et en français, c’est tout. Toute ma vie, j’ai réussi à sécher les cours de gym, je hais le sport, à part nager. Les maths, l’algèbre, pour moi c’est de l’hébreu. Ca l’est toujours !! Et puis, à cause de mes yeux, de mes horribles lunettes dont j’avais tellement honte, je fuyais tout le monde. Je rasais les murs continuellement. Je voulais qu’on me laisse seule et tranquille. Qu’on me laisse rêver !

Les années passant, j’ai découvert Humphrey Bogart, Robert Mitchum, Jean Marais dont je suis tombée amoureuse dans « l’Eternel Retour », comme toutes les filles jusqu’à ce que je découvre Gérard Philipe dans « le Diable au Corps ». Alors, c’est une passion intense, absolue. Je rêve de lui, je ne pense qu’à lui. Arrive ensuite « La Chartreuse de Parme » que j’ai dû voir quinze fois. J’écris et je reçois une photo dédicacée… Quelle émotion ! Puis, un peu plus tard, mes premiers frissons érotiques c’est Marlon Brando qui les provoque. Son t-shirt déchiré, son dos nu dans « Un Tramway nommé désir » ! Mais Gérard Philipe reste mon élu.

Fini Montpellier. Nous retournons à Paris dans notre appartement de la rue Guichard. Je vais au lycée Molière et je continue mon piano. J’ai la chance d’avoir un professeur qui habite sur le même palier que nous. Elle me donne des leçons trois fois par semaine et fonde sur moi de grands espoirs. Elle croit sincèrement en mon talent et persuade mes parents que je suis capable de faire une brillante carrière de pianiste. Je travaille beaucoup. Mon piano, j’entends, mais pour le reste, ça ne va pas du tout. À part une merveilleuse prof de français qui m’aime bien, j’en ai marre des copines méchantes comme la gale qui se moquent de mes yeux, de mes cheveux raides, de ma taille (j’ai poussé comme une asperge). Le lycée est un cauchemar. J’en arrive à me battre avec celles que me traitent de « sale louche ». J’envoie une fille valdinguer dans une porte vitrée qui se brise. Renvoi immédiat. J’arrête mes études définitivement. Je me ferai toute seule.

Maintenant j’ai une seule idée en tête. Je veux qu’on m’opère de ce strabisme qui me pourrit la vie. Je me heurte à mes parents. Ils ne sont pas riches et l’opération coûte cher. Je hurle, je pleure, je leur fais la guerre et je ne lâche pas, têtue comme une mule que je suis toujours. Je vais même jusqu’à me couper les veines du poignet. Oh ! pas trop ! juste pour que ça saigne un peu ! J’ai gagné. On m’opère.

Miracle, je deviens jolie et mes épaules se redressent. Je suis capable maintenant de fixer les gens dans les yeux et le regard des autres commence à me donner un peu de confiance en moi. Je continue à travailler mon piano et j’ai mon premier flirt. Le grand pianiste Yves Nat me reçoit, m’écoute et m’encourage. Je rentre dans un des cours les plus prestigieux de Paris, chez Marguerite Long. Mais … j’ai envie de vivre… les longues heures devant mon piano aujourd’hui me pèsent. J’ai envie de robes, de sorties… Jusqu’à présent, je n’ai eu aucune adolescence, ni boums, ni petits flirts, rien comme les autres.

Un monsieur m’arrête un après-midi dans la rue de Passy pendant que je fais des courses avec ma mère : « Mademoiselle, voudriez-vous faire des photos ? » Des photos, moi !!! C’est magique. Je n’ai jamais reçu un sou d’argent de poche ! Je supplie ma mère de me laisser libre d’essayer. Peut-être que je vais pouvoir gagner un peu d’argent ! Et ça marche ! je travaille comme mannequin, je voyage, je fais des photos de beauté, des pubs… et adieu piano. Ma chère professeur voisine de palier m’en veut terriblement. Quand je la croise dans l’escalier de notre immeuble, elle détourne la tête . Elle ne m’adressera plus jamais la parole. Les nouvelles amies que je me fais en travaillant m’entraînent au cours Simon. J’y croise Guy Bedos, Jean Amadou, Etchika Choureau, Nadine Tallier (la future baronne), Claude Berri, Nicole Berger que j’adore. Je travaille avec Marie Ventura chez qui je me fais une excellente copine, Philippine de Rothschild. Dans son grand appartement de l’avenue d’Iéna, nous nous amusons à faire tourner les tables !!! Serons-nous célèbres un jour ? Le guéridon dit oui …

Et je débute au cinéma. En 1958, j’épouse Henry Coste, merveilleux photographe de publicité. Il est intelligent et très cultivé. Je me forme à son contact. Après le succès des«Sorcières» il me suit partout et me fait des photos que je trouve encore aujourd’hui sublimes.

Je tourne, je tourne. (voir FILMO) Je voyage dans le monde entier avec Unifrance films. Je tourne en Angleterre, en Yougoslavie, en Italie, à Rome, au Brésil. Je découvre le Japon que j’adore grâce au succès de « Faibles Femmes » qui fait de moi et de Delon des stars. (Toute cette période est dans « Tiroirs Secrets » voir plus haut).

Le temps passe. Je rencontre Marc Simenon. Coup de foudre. Grand amour. Irrésistible qui balaie tout. Chacun de nous divorce et dès que nous sommes libres nous nous marions sous la pluie le 16 septembre 1968. Nos témoins sont Henri Salvador et Marcel Achard. C’est le bonheur absolu. Comme nous sommes tous les deux des amoureux passionnés de nos frères les bêtes, la maison se remplit (lire « Animalement vôtre »). Je mets ma carrière au second plan sans aucun regret et avec une certaine inconscience. Je tourne encore le dernier « Fantomas », je crée au théâtre avec Michel Serrault « Gugusse » de Marcel Achard. Avec Marc, nous produisons des films. (Toute cette période sera dans mon prochain livre). En 1982, nous achetons la maison de Porquerolles et nous nous y installons pour notre plus grand bonheur avec nos chères mangoustes et notre gros léonberg, le brave Tarass. Tigy, la mère de Marc que j’aime tant viendra vivre à nos côtés et c’est à Porquerolles, dans mes bras, qu’elle nous quittera pour toujours. Comme Boule, la fidèle nounou de Marc. Nous avons la tombe familiale dans le modeste petit 6 cimetière de l’Ile (voir la galerie des animaux).

Le 29 septembre 1990, pour célébrer nos 22 ans de mariage et comme, nous découvrons que vis à vis de l’église catholique, nous ne sommes pas mariés, nous décidons de faire un mariage religieux dans la grande tradition… robe longue, buffet, etc… Nous réussissons une fête sublime. Tout Porquerolles est à la fête. Les habitants du village et tous nos amis sont venus. Frédéric de Pasquale descends de Paris avec son jazz band composé de potes. C’est aussi le jour de mon anniversaire. Inoubliable.

En 1995, Marc part tourner pour la télévision « Chercheurs d’Or » d’après « Les aventures de Belliew la Fumée » de Jack London, au Québec. Il adore ce pays et durant ce long tournage en double version, anglais et français, je le vois heureux comme un roi. Ca me rend très heureuse pour lui. Je l’accompagne et joue dans un des six épisodes.

En 1999, nous sommes invités au Japon. Ce sera notre dernier voyage. Le 22 octobre pendant que je suis à Porquerolles, Marc tombe à la renverse dans un escalier et se fracasse la nuque. Le 24, il est parti mettant un point final à notre union qui aura duré trente-cinq ans.

La vie reprend son cours. Un peu difficile les premières années. Je retravaille grâce à l’amitié de mon pote, Didier Long que j’ai connu jeune acteur pendant la tournée de « Caviar et Lentilles ». Amitié indéfectible qui dure toujours.. Grâce à lui qui assure la mise en scène, je joue la reine-mère dans le « Beckett » de Jean Anouilh avec Bernard Giraudeau et Didier Sandre.

Et le cinéma m’accueille de nouveau avec « 36 » film pour lequel je suis nommée aux « Césars » meilleur second rôle féminin. Puis « Victoire » de Stéphanie Murat et « La Californie » de Jacques Fieschi, film pour lequel je suis encore une fois nommée aux « Césars » pour le meilleur second rôle féminin. Et « Camping », très grand succès commercial.

Maintenant va sortir en Novembre 2007 « Sous les toits de Paris » de Hiner Saleem avec Michel Piccoli, film que je trouve magnifique, dont je suis très fière, et, n’est-ce pas étrange … un de mes plus beaux films étant sans conteste : « Les Sorcières de Salem » cinquante ans plus tard, je fais « Sous les Toits de Paris » avec un metteur en scène qui s’appelle Hiner Saleem … troublant, tout de même, non ?

A suivre …