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Mémoires de cinéma, une vie et des films

memoires-de-cinemaPréface de Jacques FIESCHI

C’est la suite de « Tiroirs Secrets  »  qui couvre toute la période qui commence avec « Fantomas contre Scotland Yard » et se poursuit jusqu’à « Si tu Meurs, je te tue ».

Le livre parle des films, bien sûr, mais aussi et surtout de mon parcours en tant que femme, de la jeune femme encore insouciante jusqu’à la femme aux yeux ouverts sur le monde et de mon parcours en tant qu’actrice à travers les expériences de travail et les rencontres importantes qui m’ont fait évoluer de ma vie de productrice de films avec Marc Simenon, devenu mon mari, de mes épreuves et de ma renaissance en tant qu’actrice après son tragique accident.

 

Je connais Mylène Demongeot depuis que je suis enfant. Elle, elle ne me connaissait pas. Je voyais les films de la jeune vedette sur les écrans géants du Régent ou du Colisée. Elle était la délinquante malgré elle de Sois belle et tais-toi, Elsa dans Bonjour tristesse, dont la peau pelait au soleil, chair épanouie dans un peignoir éponge à côté du charme androgyne de Jean Seberg. Dans Faibles femmes, Pascale Petit, Jacqueline Sassard et elle se partageaient comme des ménades le corps du beau débutant Alain Delon. Dans une scène de rêve, vamp à fume-cigarette, elle poursuivait Delon en Cadillac rose dans un dédale de ruelles. Et puis la Milady des Trois mousquetaires qui poignardait sans remords Constance Bonacieux, avant de fuir le châtiment d’Athos, abandonnant son carrosse renversé en rase campagne.

J’admirais les photos d’elle, dans Cinémonde ou Ciné-Revue, sexy, le regard incendiaire au fond d’un visage slave, prises par son mari d’alors Henri Coste.

J’ai vu plus tard les films plus ambitieux de Mylène : les Sorcières de Salem, où elle incarne la force du désir dans un monde puritain. La scène des Garçons de Bolognini où, dans un somptueux appartement romain, elle apparaît au ragazzo pasolinien Laurent Terzieff qui, poussant au hasard une porte, la trouve nue dans un lit, cuvant un spleen bourgeois. Une très belle séquence de désir inachevé et de décadence.

Et aussi Un amore a Roma, de Dino Risi où elle est la starlette paumée dont s’éprend un jeune intellectuel, dans une histoire à la Svevo où à la Buzzati.

Un mariage d’amour – avec Marc Simenon – a tenu Mylène éloignée des plateaux de cinéma. Elle a alors vécu pour un homme, ses ambitions, ses films. Elle a porté à bout de bras Marc, un être attachant et fin sous la stature du baroudeur, mais insuffisamment armé pour surmonter la cruauté d’une profession et la légende d’un père écrasant.

Aujourd’hui, après la disparition de son compagnon, Mylène Demongeot est faite de cet itinéraire, de cette douleur. Le cinéma, elle l’aime sous toutes ses formes, la spectatrice en elle ne quitte jamais l’actrice. Elle est mûre pour les rôles qui s’offrent naturellement à elle : les deux films de Hiner Saleem, la serveuse des Toits de Paris, la logeuse de Si tu meurs je te tue, où le metteur en scène capte ce qu’il y a en elle d’à la fois rassurant et vulnérable. Et cette Californie que nous avons fait ensemble, où en copine de Nathalie Baye, elle montre cette humanité vibrante, cette intelligence de la vie et cette beauté lucide qu’on trouve au cœur même de l’échec.

Elle peut en jouer beaucoup d’autres, il n’est jamais trop tard pour une actrice. La jeunesse est partout. Tous les âges de la féminité ont une séduction qu’il est excitant de débusquer.

C’est cette nouvelle plage de sa vie d’artiste que Mylène Demongeot nous invite à découvrir dans ce livre.

                            Jacques Fieschi

 


Date de parution : 09/06/2011

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